Mardi 9 décembre 2025 2 09 /12 /Déc /2025 09:11

Andromède 05

Andromède regardait au loin les flots tumultueux qui se déchaînaient.

Jouets des fils d'Éole, les vagues montaient vers les cieux et tel Sisyphe, s'effondraient pour mieux recommencer en vain.

Andromède était songeuse, ces vagues et ce remous, cette écume jaillissante lui rappelait son passé.

Le passé, c'était le moment ou nue, attachée aux rochers, offerte en sacrifice à Cetos par son père pour apaiser le courroux de Poséidon, elle attendait la mort ...

Le passé, c'était Pegase et Persée qui étaient venus la délivrer.

Le passé c'était un amour naissant qui très vite devint une malédiction.

Persée muni de la tête de la Gorgone, avait poursuivi son œuvre de vengeance, pétrifiant tout ses ennemis et dans sa folie meurtrière, avait fait l'erreur de regarder brièvement la tête de la Gorgone.
Heureusement avec le temps, le pouvoir de Meduse s'était affaibli, mais le cœur de Persée avait été pétrifié, plus aucun sentiment, plus aucun amour, plus aucun désir envers Andromède.

Mais Persée ne pouvait libérer une fois de plus Andromède, elle devenait pour lui un autre trophée.

Le pouvoir de la Gorgone n'étant plus, Andromède devint pour lui une conquête à exhiber auprès des puissants des autres contrées, une Andromède prisonnière d'une cage dorée.
Elle se présentait à eux, nue vêtue d'un simple harnais de cuir, signe de sa soumission, mettant en valeur ses seins et rondeurs.

Très vite le bonheur d'Andromède fit donc place à la solitude, la tristesse et au désœuvrement.

Andromède se mit à dessiner et peindre, des plumes faites de roseau, des papyrus, des toiles de coton d'Égypte, tout ce qui pouvait servir à ce qu'elle puisse coucher ses désirs et vœux s'entassait dans le gynécée.

C'était une façon pour elle d'oublier sa vie monotone faite de contraintes et d'obligations.

La nuit, des songes étranges venaient cependant interrompre un sommeil qui tardait ...

Andromède se revoyait sur ces rochers, enchaînées à ceux ci face à la mer.
Il y avait un mélange de peur et d'effroi mais aussi une certaine excitation.
Bizarrement les rochers n'étaient pas froid, d'eux émanait une certaine chaleur, étrangement, les liens de fer ne la blessaient pas, mieux elle se sentait protégé par ceux ci.

Andromède rêvait alors de cette écume qui jaillissait sur elle, qui suivait les courbes de son corps, s'accrochait à ses tétons, s'écoulait vers le nombril et s'immisçait dans son bas ventre ...

Une caresse qui se révélait une douce torture, car attachée, elle ne pouvait rien faire que de subir les caprices de cette sournoise et libidineuse écume ...

Borée regardait au loin les flots tumultueux qui se déchaînaient.

Il était revenu dans le sud après s'être exilé dans les terres glacées du Nord.
Son cœur glacé par la perte d'Orithye, il y a de cela des décennies, s'était progressivement réchauffé mais en lui, le manque, le vide était présent ...

Il passait dorénavant son temps d'immortel, à contempler les flots, parfois d'un simple mouvement de doigt, il jouait avec ceux ci, déclenchant des vagues gigantesques qui allaient se fracasser sur les rochers ...

Rochers, ceux auxquels parfois, on présentait les victimes du courroux des Titans ...
Rochers, ou Borée avait entrevue un soir de tempête, une créature nue offerte aux vents et aux vagues.

Borée avait contemplé Andromède et avait senti en lui, un sentiment très différent de la colère qui était pourtant naturellement sienne ...
Il devint protecteur, face aux vagues qui menaçaient d'écraser Andromède, il décida de les contrer, il adoucit leur impact voire paradoxe d'un immortel de glace, il rendit celle ci plus chaude permettant à Andromède de survivre dans la tempête.

Borée qui en lui s'était donc à nouveau senti des envies de courbes et de rondeurs, de tendresse et de chaleur, de luxure et de sensualité, avait voulu l'aider, cette nymphe éplorée, mais au moment ou Borée avait voulu intervenir, le hasard avait mis Persée entre lui et Andromède.

Borée avait assisté à la mort de Cetos, il avait vu Persée enlever les chaines d'Andromède et partir au loin sur le dos de Pegase.

Il n'y eu ni colère, ni envie de revanche, il s'était simplement résigné ...
Borée, immortel, impétueux, vif et violent avait bien changé depuis la mort d'Orithye.

Mais en lui, les songes d'Andromède étaient encore bien présent.
Parfois, grâce à Morphée, il s'introduisait dans les rêves de celle-ci, il lui faisait revivre ces moments ou protecteur, il la protégeait des embruns et du froid, il rendait plus sensuel les souvenirs d'écume, cette écume qui caressait sensuellement les courbes et l'intimité d'Andromède.

Dans le palais de Persée, Andromède peignait ...
Des esquisses de corps attachés, torturés par la morsure des chaînes mais étrangement sur leurs visages aucune trace de souffrance mais des signes d'extases, de plaisirs.
Andromède ne savait pas d'où venait ces images, ces envies.
Elles étaient en elle, surgissaient de ses songes et imprégnaient ses journées.

Parfois, quand la chaleur de l'après midi faisait qu'Andromède somnolait, nue et seule, elle posait contre son sexe, le pilon de cuivre qu'elle utilisait pour broyer les pigments de ses peintures ...
Les rondeurs de l'objet frôlaient son sexe, se glissaient entre ses lèvres, venaient à s'immiscer dans l'entrée de sa grotte avide de sensations.
La fraicheur du métal, se heurtait à la chaleur humide de son sexe, le bouton turgescent devenait ocre de désir et de plaisir.
Plaisir qui montait en elle et qui se sublimait quand ses doigts délaissant le pilon, venaient courir sur son clitoris.
Andromède se laissait aller, elle s'imaginait ces doigts étrangers la touchant, fouillant son intimité, attachée sur un rocher face à la mer ...
Et puis dans un râle suivit de soubresauts, elle s'effondrait envahie par des vagues de plaisir.

Dans le palais de Persée, Andromède rêvait ...

Les nuits passaient, Borée faisait corps de plus en plus avec Andromède, il s'immisçait dans ses rêves mais aussi dans ses chairs ...

Des rêves puissants, violents, sauvages où il chevauchait Andomède, des rêves où il attachait de celle-ci aux rochers, il lui mordait les seins, les tétons, excitant avec sa langue les bouts meurtris.
Des rêves puissants et impétueux comme son caractère, des rêves ou caressant le sexe d'Andromède, il se plaisait à entendre ses gémissements, un plaisir rare de lui faire perdre toute résistance et de la voir s'abandonner, consentante à ces plaisirs impies.
Des rêves pénétrants, où se plaquant contre elle, il s'enfonçait finalement d'un brusque coup de rein dans son sexe chaud et humide.
Des rêves onctueux et subtils, ou après avoir mutuellement gémit et jouit, détachant Andromède, celle ci venait honorer de sa bouche et langue le sexe encore turgescent ...

Les nuits passaient, Andromède rêvait ...

Les jours passaient et Andromède peignait.
Elle peignait ses rêves, mettait en scène les souvenirs de ses songes.
Des corps meurtris mais remplis de plaisirs, des corps attachés mais libérés par la jouissance.
Andromède peignait mais étrangement, elle ne pouvait achever le visage de l'homme, le mâle qui était omniprésent dans es tableaux, ses dessins et autres esquisses ...
A chaque fois, qu'elle voulait finir le visage de cet être fantasmé, elle ne pouvait trouver dans sa mémoire les traits exacts de celui-ci ... et même si elle voulait créer un visage imaginaire, ses doigts se crispaient et refusaient de peindre un visage issu de son imagination.

Evidemment Andromède cachait ses œuvres, Persée même si elle ne l'intéressait plus, venait de temps en temps la voir, plus comme le collectionneur d'un trophée ou propriétaire d'un animal domestique que comme amant ou époux ...

Andromède craignait la colère de Persée, une colère d'autant plus violente que son cœur pétrifié n'était plus accessible à la modération des sentiments.
Elle se rappelait l'avoir vu frapper à mort, une servante qui avait par mégarde marché sur l'ombre de son roi ...

L'atmosphère dans le palais devenait pesante et plus l'été avançait, plus la chaleur devenait étouffante.

Il n'y avait plus pour Andromède que ces rares moments de plaisirs intenses ou dans ses songes, un inconnu venait l'honorer pour s'échapper de cette ambiance lourde de menaces.
Un inconnu qui lui faisait découvrir des plaisirs interdits mêlant force, violence et jouissances partagées.
Des plaisirs mélangeant minéral, métal et animal ... les rochers, les chaines et leurs corps emmêlés.

Persée n'était pas dupe, les silences d'Andromède, son regard qui l'évitait quand les rares fois, il venait la voir, tout cela lui posait question ...
Il n'était pas jaloux, ses sentiments vis à vis d'Andromède étant pétrifiés depuis fort longtemps, mais il était possessif considérant Andromède comme sa chose.
Et comme étant sa chose, il la considérait donc comme un jouet ...
Pas d'attaches sentimentales, mais un jouet avec lequel il avait donc tout les droits.
En lui, des idées bizarres commençaient à poindre, s'installant dans son esprit, titillant sa curiosité ...
Quelles étaient donc les pensées d'Andromède, que se passait il quand elle se cachait de lui ...

Persée demanda un soir à un de ses guérisseurs, de préparer une décoction de fruits du lotus.
Une potion destinée à faire sombrer Andromède dans un profond sommeil.

Ce fut fait et Persée se trouva donc avec une petite fiole contenant le breuvage soporifique.

Ce soir là, Andromède attendait le moment ou elle allait sombrer dans le royaume des rêves, le moment où elle rejoindrait cet Amant inconnu ...
Ce soir là, Persée s'invita chez Andromède et versa le contenu de sa fiole dans une coupelle de vin.

Andromède ne se méfiant pas, vu lentement la coupe de métal que Persée lui tendait.
Quelques temps après, Andromède sentit le sommeil l'envahir, un sommeil différent, un sommeil lourd, un sommeil sans rêves.

Persée observant Andromède sombrer dans le royaume d'Hypnos, décida de faire porter dans les caves de son palais.
Deux des plus fidèles gardes de Persée, emportèrent le corps endormi dans les profondeurs, lieux de bacchanales et d'orgies, endroits où les plaisirs et la douleur de mélangeaient dans le paroxysme de jeux interdits.

Borée quant à lui, se préparait comme tout les soirs à rejoindre Andromède.
Son esprit filant, il rejoignait les songes de celle ci, communiant pour un temps avec elle, partageant des envies d'étreintes et d'extases.
Ce soir là, ce fut différent, Borée arriva aux portes de l'esprit d'Andromède mais se trouva face à une porte close.
Aucun stratagème ne put lui permettre de communier avec elle.
Andromède n'était pas morte, il en était sûr ...
Que se passait il alors ?

Borée décida de partir lui même vers le palais de Persée.
Fils de titans, d'origine divine, il avait le pouvoir de s'envoler au gré de sa volonté.

Les flots déroulaient en dessous de lui, des vagues et des crêtes d'écume qui bleuissaient sous la lumière de la pleine lune.
Au loin, se découpant dans la pénombre, le palais de Persée, apparaissait comme une masse sombre, mystérieuse et menaçante.

Dans les caves du palais, creusée à même la roche, Andromède était attachée.
Nue, son corps était offert aux regards des gardes et du bourreau.
Persée, assis sur un trône taillé dans le crâne de Cetos, le titan qu'il avait vaincu, regardait le spectacle d'Andromède a nouveau offerte ...

A nouveau offerte, pas aux vagues, ni aux vents, pas à la fureur d'un Titan mais simplement offerte aux envies de ses hommes.
Andromède était sienne, et comme pour les servantes dont il se plaisait parfois à jouer de leur peur et douleur, la voir de nouveau offerte et fragile lui donnait un plaisir méconnu.

L'un des gardes sorti une lame et se mit à frôler la peau d'Andromède, la pointe de la lame s'enfonçait à peine laissant une trace rosâtre qui perlait de quelques gouttes de sang.
A chaque mouvement de la lame, Andromède frissonnait, des spammes secouaient son corps en de multiples soubresauts.
Avec un rare talent, le garde faisait trainer la pointe sur des endroits sensibles ou se mélangeaient éros et thanatos ...
Andromède sentait la lame se glissant sous la gorge, elle sentait la pointe qui crissait sur sa peau, pointe qui contournait ses seins pour s'attarder sur ses tétons, une lame qui frayait son chemin vers son sexe ...
Andromède aurait voulu fermer les yeux, mais les sensations étaient encore plus fortes, plus intenses ...
Plus la lame se baladait sur son corps, plus les frissons d'Andromède se faisaient ressentir et plus le spectacle de ses courbes et rondeurs attisait la convoitise des gardes.

Persée souriait d'un rictus malsain ...
D'un geste de la main, il fit signe aux autres gardes qu'il était temps pour eux de se satisfaire.
A la lumière des torches , les ombres rougeoyantes se mirent en mouvement, les vêtements et armes glissèrent le long de leurs jambes, l'odeur de la sueur se mêla à celle du suif ...

Des mains qui glissent sur un corps entravé, des langues qui fouillent l'intimité, des dents qui déchirent des tétons, des corps qui se pressent contre le bas ventre d'Andromède.
Un coup de rein qui amène un sexe turgescent à s'introduire dans une intimité meurtrie.
Foutre et salive se mélangent quand les gardes détachant Andromède la font plier à genoux, lui offrant leurs sexes à ses lèvres.
Andromède est obligée de jouer de la langue, d'avaler la semence, de lécher goulument le foutre qui coule sur les cuisses des hommes ...

Et tout étrange que ce cela soit, Andromède ressent les mêmes sensations que sur les rochers, les mêmes envies que lors de ses rêves ...

Andromède se perd dans ses pensées, rêves et réalités se confondent alors tandis que les gardes usent et abusent d'elle.

Elle gémit, crie, râle, se tord, s'agite, son corps se convulse et tout recommence ...

Les mains s'agrippent, empoignent, enserrent.
Des mains claques, fustigent, caressent.

Andromède se perd ...

Soudain, les lourdes portes des cellules claquent.
Un froid soudain envahit la salle ou Andromède sanglote.
Les hommes se regardent, Persée attend ...

Dans un nuage de cristaux de glace, Borée entre et fait face aux sbires de Persée.
Ils ne peuvent rien contre lui, Borée comprend ce qui se passe, et succombant à la colère, d'un simple mouvement de la main, envoie les corps baldinguer.
Ceux ci s'envolent, s'écrasent confondant, chair et pierre dans une bouillie sanglante.

Persée est seul devant celui qu'il devine être l'amant des songes d'Andromède.
Persée comprend qu'il n'a aucune chance et attend son sort ...

Borée délaisse Persée, il se penche sur Andromède et souffle sur elle, non un air glacé mais un air chaud, brulant qui lui redonne ses esprits.

Andromède ne reconnait pas celui qui est en face d'elle, mais elle lui trouve pourtant une certaine familiarité, comme si elle l'avait déjà rencontré encore et encore dans un autre monde ...
Et puis, Andromède comprend que cet inconnu devant elle, était son amant des songes, celui qui était venu durant ses nuits pour l'accompagner sur des pistes de plaisir.

Borée soulève Andromède, elle se colle contre lui.

Borée s'adresse alors à Persée ...

" Tu n'as pas été digne de celle qui était à toi ...

Elle méritait amour et respect et tu l'as délaissé et maltraité.

Pour cela, parce que tu n'en es plus digne, Andromède viendra à moi ...

Pour cela, parce que tu as défié les dieux, parce que tu n'as plus rien d'un homme, tu resteras à jamais dans cette prison, oublié de tous ... "

Persée sentit son corps se refroidir, ses chairs durcir mais son esprit restait vigilant ...
Et tandis que la glace envahissait le cachot, Borée et Andromède s'en retournait au royaume de Thrace.
Et tandis que les fondements du palais s'effondraient sur la tombe glacée de Persée, celui-ci hurlait à jamais.

 

Grand Nord décembre 2025 

Par Grand Nord - Publié dans : 8- Hyperboria...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Derniers Commentaires

Calendrier

Janvier 2026
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
 
Créer un blog sexy sur Erog la plateforme des blogs sexe - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés